Les terrasses de Banaue

DSC_0664Fini les plages de sable blanc, place aux choses sérieuses et aux périples un peu inconscients. Inconscients oui, car sur un coup de tête la maman de Jérémy décide de nous emmener avec un autre couple d’amis à Banaue, lieu célèbre pour ses terrasses de riz et ses montagnes en zig zag. Prise d’un éclair de génie, elle s’est dit qu’en une journée ce serait faisable de faire l’aller-retour en se levant à 4h et en revenant à 18h. Soit.

M’enfin …ça, c’était avant qu’on s’aperçoive que le GPS, estimant à 4h de voiture l’aller avec une vitesse moyenne de 40km/h, ne reflétait pas la réalité : nous sommes arrivés tout frais après 6h de voiture, et pourtant ayant roulé à mon humble avis un peu trop rapidement sur les routes sinueuses.

DSC_0634Je crois définitivement que les Philippines regorgent de trésors … vraiment cachés. A l’image d’El Nido, le village de Banaue n’offre que peu d’intérêt, et la pauvreté m’en a même étonnée : moi qui pensais qu’avec l’essor du tourisme dans la région le village en profiterait – ces terrasses de riz ont quand même été renommées 8ème merveille du monde et classées à l’UNESCO – …que nenni. Bruit, saleté, humidité, touk-touks qui ne sont qu’un tas de ferraille … cela dit, ils sont bel et bien tout terrain !

                             Ici, la partie « charmante » du village de Banaue

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Boulagadoulagadoulagadou…

Pour les avoir testés et pas forcément approuvés, je note leur solidité. En plus de supporter mon poids – clin d’œil à tous mes chers copains qui me vannent au quotidien-, les 2 touk-touk empruntés pour rejoindre les terrasses de riz de Batad ont également mené à bon port (ou bon chemin caillouteux) Bernard et Jean-Marc, nos deux grands gaillards du périple. Difficile de réaliser que l’on est toujours en vie après avoir sillonné des non-routes dans le brouillard, bravé la boue à 20cm du sol, évité les dizaines de rochers et failli se faire faucher par des 4×4. A ce propos : aux Philippines il n’y a pas de juste milieu en matière de carrosserie : ou bien le Philippin est riche et arbore fièrement son bon gros 4×4, ou bien il se confectionne lui-même un touk-touk avec un scoot’ Honda. Dans les deux cas, je ne sais pas lequel pollue le plus.

En pleine galère de touk-touk dans la boue !

En pleine galère de touk-touk dans la boue !

Anyway. Le corps bien amoché, ô joie les secousses et bruits de moteur, le plus dur reste à faire : réveiller mon cerveau et réaliser qu’il faut marcher encore une bonne heure et demie pour rejoindre les terrasses. Je le disais : ici, tout se mérite. 6h de voiture + 1h de touk-touk + 2h de descente = accès aux terrasses restreint et limité aux personnes courageuses. Sans chaussures prévues. Sans imaginer que les 416 marches descendues ne représentent qu’1/4 du trajet. Qu’il est déjà 14h et que la nuit tombe 3h plus tard.

Là où nous nous sommes rendus, tout en bas pour voir les terrasses !

Là où nous nous sommes rendus, tout en bas pour voir les terrasses !

Comment vous dire… on n’a jamais autant speedé ! Et c’était sans compter sur la forme olympique d’Anita, la maman de Jérémy, 54 ans, et une vraie pêche d’enfer pour me montrer ce qu’elle a en tête depuis l’aube. Mon optimisme légendaire m’a vite rattrapé en évaluant, à chaque nouveau pas, le chemin retour que je devrais effectuer…et voir mon visage se fermer au fur et à mesure que j’avançais.  J’adore faire de la randonnée mais je n’aime pas savoir ce qu’il me reste à faire par la suite, voilà tout. Bon, j’avoue que le panorama final en valait la peine.

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DSC_0714Incroyable que ces terrasses à l’origine des cultures tiennent encore debout après tant d’années. Incroyable de voir que des gens vivent ici-même, dans cet endroit reculé de tout, où le premier village fournisseur se trouve à plus de 3h à pied (cf. chemin retour effectué non sans mal). Mais néanmoins … que de paisibilité, d’émerveillement et de paysages surprenants. Et encore, il fait gris ! Imaginez par temps clair les levers et couchers de soleil…Malheureusement, nous ne resterons que quelques minutes à admirer le panorama.

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Avec Anita, la maman de Jérémy :)

Avec Anita, la maman de Jérémy

Dommage pour Betty qui, prise de vertige, est resté en haut, point de départ du trekking, et nous a attendus 3h… !

A ma grande et belle surprise, me voilà galopante au retour –et en sueur, oui, on peut pas avoir la classe à chaque épreuve- et pleine d’entrain. Au passage, je prends quand même des milliers de photos.

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Le défi après 2h en pleine broussailles

Le concept du raccourci : je veux pas imaginer le grand détour

17h : le touk-touk entame sa course contre la montre et la nuit pour rentrer à temps à Banaue.
18h : thank God on est en vie.
18h05 : problème majeur, on réalise qu’en fait, Banaue en une journée ce n’est pas possible. Il fait bien mauvais repartir d’ici en pleine nuit. Bonjour l’hôtel miteux, bonjour la nuit fraiche, bonjour l’improvisation !

Finalement, on ne repartira que le lendemain à 9h, sans regret, puisque le brouillard est persistant …

De retour à Nampicuan à 16h, il est grand temps de se reposer avant le grand départ pour l’Australie. Café en terrasse, bon sceau d’eau sur la tête qui fait office de douche, et au dodo.

IMG_1128A bientôt pour un petit bilan Philippin !

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