Après une semaine à Melbourne, j’ai déjà le sentiment d’avoir fait le tour. Il est temps de retourner voir mes amis et ma famille d’antan, à Sale, petite ville dans la région du Gippsland et des lacs de Victoria. Dieu merci le hasard aura bien fait les choses puisque Rocky, de retour de Nouvelle-Zélande et ayant atterri à l’aéroport de Melbourne, a pu me prendre au passage. Billet de train économisé, et surtout beaucoup de souffrance évitée avec mes 40kg de bagages !
On the way to Sale…
Hey Matilda, how’r’u goin’ Matilda? Still the same Matilda! I thought u woud’look better, but you haven’t changed Matilda! Yéyéyééé…
Rocky, mon père adoptif. Toujours le même, toujours aussi drôle, toujours aussi taquin, toujours avec sa dent en or et ses tatouages autour du bras qui témoignent de sa culture Néo-Zélandaise et Samoaise (îles Samoa, pour les incultes). Toujours professeur au Catholic College de Sale, connu et reconnu de tous, il sait se faire apprécier avec son accent un peu bourrin et son impressionnant Haka. Moi, c’est surtout avec ses pancakes aromatisés à la banane et faits maison qu’il m’a conquise. Oui, je mange toujours autant. Non, on ne me changera pas.
A droite, Shelawney, une nièce, Rocky et moi
Sur la route, je savoure chaque instant en pensant à tous ces moments qui m’attendent. En passant, et sur une idée de génie de Rocky, nous décidons de faire directement irruption dans la boutique où Kahlie travaille jusque tard ce soir-là. Coucou c’est nous !!! Here I’m back !!! Oups, je crois que je viens de la choquer, alors que je peine moi-même à réaliser que je suis bien dans ses bras.
Kahlie, égale à elle-même. Discrète, à l’écoute, enjouée, capable de me supporter, un peu plus enrobée qu’à l’accoutumée mais justement, tout est dans la convivialité d’un bon repas partagé ! A 1000 calories le snack habituel, ces 2 semaines m’ont été un peu fatales niveau masse pondérale.
Je peux enfin le crier sur tous les toits, le croire de mes propres yeux et finalement tout ressentir : c’est bien la ferme que j’aperçois, les champs de blé que je côtoie, les animaux que je revois. Parmi eux, de nouveaux arrivants : des chèvres, un nouveau doggy-dog, mais toujours les deux chats qui règnent en maître autour de ce qu’ils appellent ici the farm. Pas plus de maisons à la ronde qu’en 2008 et toujours ce sentiment de plénitude au beau milieu de la nature. Ca y’est, ça y’est, je peux enfin me poser ! C’est-à-dire ne rien faire, m’asseoir sur une chaise et profiter de la nouvelle terrasse qu’ils ont aménagée autour d’un thé. A l’intérieur, Minga m’accueille : fidèle à son image, mère dévouée et remplie d’émotion lorsque l’on se retrouve. Je sens que tout est pareil, rien n’a changé. 6 années écoulées mais tout me parait familier : son accent, ses expressions, son comportement, sa bonne humeur …et notre complicité.
Bref, je m’attendais à de la nostalgie mais je suis au contraire occupée à retrouver mes habitudes passées…et bien décidée à les vivre ! La peur de l’ennui et de la déception m’ont certes traversé l’esprit mais ce fut bien furtif : 2 semaines ne me paraissent finalement plus assez et je me vois déjà m’installer, hihi.
Au programme d’une journée sans plan particulier : un bon café (short black, merci) et du footing en fin de matinée. Je vous l’ai dit, déterminée je suis ! Déjà parce que la campagne et les chemins caillouteux m’inspirent bien plus qu’en 2008, ensuite parce que Minga m’a prêté des baskets qui me siéent parfaitement, et enfin parce que je préfère limiter / anticiper les dégâts causés par mes futurs excès culinaires qui seront, forcément, un passage obligé de mon séjour. Dur retour à la réalité pour mes 1ers essais : ce sera au bout de quelques jours seulement que j’atteindrai la demi-heure d’effort, en parfaite communion avec ce que la nature a de plus beau à offrir : des mouches, par centaine de milliers, qui finalement m’incitaient à courir et à les fuir. Plus je m’arrêtais, plus elles m’énervaient, plus je repartais. Une bonne source de motivation en somme !
Mid-day, time for myself, je prends enfin soin de moi sous ce nouveau toit. Arrivait rapidement 15h, l’heure de vous donner des nouvelles via mon blog –qui me prend un temps fou. A savoir aussi que le lunch time est une notion très abstraite et arbitraire ici : pas de déjeuner de prévu, chacun se débrouille comme il veut, ce qui se solde très souvent par du grignotage mêlant toasts au beurre (bah oui, je n’aime toujours pas la Vegemite), fruits, banana split avec plus de glace que de bananes et quelques petits biscuits. Pour le diner en revanche, il faut s’attendre à bien, voire trop manger. On ne sait jamais ce qu’il s’y prépare une heure avant puisque la plupart des Australiens comme Minga passent tous les jours au supermarché pour se faire une opinion sur ce dont ils ont envie (hérésie pour nous les Français, on a quand même mieux à faire). C’est donc généralement la sortie du jour : faire les courses !
Qui dit courses dit Shopping Center, que du bonheur : Gippsland Center était vraiment devenu mon QG ! Prenez-moi pour une hystérique ou ce que bon vous semble, j’étais bien contente de redécouvrir toutes les allées du supermarché Coles. De me remémorer les tonnes de paquets de Tim-Tam que j’y avais achetés, et que je me suis empressée de racheter, hahaha ! Rassurez-vous seulement 2 paquets.
Le sourire aux lèvres, j’aperçois mes stands préférés ; mmmmh Donut King, mmmmh Muffin Break, mmmmh toutes ces bonnes choses grasses et dégeul*sses ! La corpulence moyenne de la population est d’ailleurs éloquente… effectivement, je suis bien de retour à la campagne où l’utilisation des voitures priment sur l’exercice physique.
Mes repères retrouvés, certains détails avaient quand même été oubliés :
- Ils roulent à gauche, fort bien. Ce qui signifie aussi que sur les escalators, quand on n’est pas pressé, on reste… à gauche. 1ère furtive incompréhension.
- Dès mon arrivée, me voilà invitée à rejoindre la famille pour le tea time. Joie, une boisson chaude qui m’attend…ou pas. Le vrai concept du tea time, ce n’est pas à 17h mais à 18h30, et ce n’est autre que le diner.
- En ville, je traverse comme bon me semble puisque c’est désert de voitures. Oups, il semble que je viens de faire un faux-pas, après considération du regard réprobateur que me lance un piéton. Oups, je crois qu’ici, on respecte vraiment les feux piétons, même dans les ruelles, même quand il n’y a personne. Résultat, ça en devient ma plus grande frustration au quotidien, en ville comme à la campagne : entrave à ma liberté et à mon entrain légendaire !
Finalement avec ces deux semaines, j’ai un peu l’impression d’avoir fait du woofing en nourrissant quotidiennement les chèvres et autres animaux de compagnie. Certes, pas de travail intense au final, mais quand même un environnement plus ou moins similaire.
















