Le challenge du séjour, sans doute. Même si JB maintiendra son opinion sur le caractère « routinier » de la balade, je camperai tout autant sur ma position : non, ce n’est pas une promenade, mais bien une rando de 20km à tenir tout de même. Chacun son rythme, chacun ses compétences. Avec un binôme qui, s’il le pouvait, marcherait à 10km/h, j’ai vite abandonné l’idée de maintenir une telle cadence et décidé d’y aller comme je le pouvais.
La chance nous sourit pour la énième fois, en apprenant que la veille il n’y avait pas eu de départ, et que les randonneurs arrivant le lendemain connaîtraient probablement le même sort : entre deux averses et tempêtes, on nous ouvre les portes du tant célèbre Mont Tongariro ! A savoir, un volcan encore actif mais qui attire chaque année des milliers de touristes, venus admirer ses cratères vert émeraude.
En hiver, ce n’est pas le même spectacle qui s’y déroule : d’ordinaire enneigé avec plus de 3m de hauteur, il est rarement praticable. Aujourd’hui, nous n’affronterons « que » 40cm de neige qui nous permettront de franchir le col, non sans quelques difficultés toutefois : de la neige jusqu’aux genoux, nous en aurons eue, et de la descente en luge improvisée nous nous serons amusés. Quitte à glisser, autant que ce soit sur les fesses.
À tour de rôle, nous avançons donc petit à petit. D’abord sur 5km de plat, synonyme d’herbes sèches et de roches volcaniques, à l’image des plaines traversées la veille. La température y est plutôt clémente et la volonté dure comme fer. Puis vient l’ascension d’une partie du Mont, où je me serai largement fait distancer par JB, et ce malgré une arrivée dans les premières lignées. Parmi le groupe de 38 personnes, nous garderons un bon rythme de leader en général ! Quelques français croisés au passage, pour se donner du courage. Également pour partager un bon repas bien gelé, en plein sommet. Des cratères nous n’en verrons pas la couleur, ni même n’en devinerons la forme. Mais le spectacle est bien là tandis que nous restons quelque fois bouche-bée.
J’ai suffoqué, j’ai tremblé, je me suis même découragée au fur et à mesure que mon souffle s’épuisait. Mais malgré tout, et comme à chaque fois, les paysages sont à la hauteur de l’effort qui m’a été demandé : grandioses. D’un côté, on profite d’une vue imprenable avec des couleurs magistrales. De l’autre, nous admirons le lac Taupo au loin, et l’ensolleillement des plaines. En plein milieu, à la limite de mettre des crampons, nous aurons expérimenté de belles montées enneigées, bravé le blizzard et le froid, mais surtout fait le plein de beaux paysages : pas de regrets, juste des courbatures monumentales à l’arrivée, avec les pieds trempés. Je l’ai fait, cette randonnée renommée !
À la tombée de la nuit, alors que nous rejoignons Taupo, les rencontres effectuées en haut du Mont se prolongeront un petit peu autour d’un verre bien mérité. Quant au retour au camping – situé en marge de la ville – je l’aurai senti passer : in fine plus de 23 km au compteur, je ne peux plus marcher et peine à respirer. Nuit de récupération fort appréciée.
















