Capitale du Rajasthan, Jaipur sera notre première étape du voyage. En 5h de bus depuis Delhi, nous rejoignons assez facilement la ville que nous reconnaissons par ses pans de murs rougeâtres et ensoleillés. Bien entendu au milieu d’un vacarme assourdissant. C’est le tout début du voyage, le temps venu de prendre ses premiers repères. Zoé est déjà habituée, moi j’apprivoise. Le trafic, les négo, les regards appuyés, la saleté. Au milieu des ordures et de la pollution, des arbres en fleurs, des petits cafés où se poser, des trésors cachés, et quelques lieux d’intérêt.

Le city palace est notre première tentative. Ouf, des enceintes qui nous font sentir un peu plus en sécurité. Ouf, des touristes et des blancs ! Pas de racisme, mais des interrogations : que tous ceux qui me disaient que le Rajasthan était une région touristique revoient leur jugement; durant tout le voyage, nous étions seules, avec de rares visages croisés aux traits européens. Le plus étonnant, une fois le calme environnant : ces murs rouges, qui nous font clairement penser à du papier mâché. Ou à du carton. On se croirait en plein Disneyland avec toutes ces couleurs et ce qui semble …être en toc. En contraste, nous avons vu des portes absolument sublimes et été témoins du talent des hommes de l’époque : impressionnant travail effectué sur les fenêtres et leurs milliers de croisillons en dentelle blanche.

Sans doute la plus belle oeuvre du voyage que nous aurons croisée, avec des finitions tout simplement parfaites.
Bref, ces portes-fenêtres aux multiples facettes offrent de quoi observer tout en restant camouflé, à l’instar des femmes de l’époque qui ne pouvaient trop s’afficher.
Au fort d’Amber, immanquable palais de la ville situé derrière les collines, Zoé au contraire prend la pause et se réincarne en princesse Rania (spéciale dédicace au beau-père) sous l’œil attentif des gardes : faut dire, avec une telle photogénie ..!

Un des joyaux du pays, le cadre est majestueux et sublimé par le soleil couchant. Nous aurons eu quelques gouttes de pluie, mais des jeux de lumières intensifiés par les nuages menaçants. Notre première réelle immersion dans la culture des Maharajas : on en prend plein les yeux. En grandes tarées que nous sommes, nous avons inconsciemment suivi à scooter deux Indiens pour réaliser le rêve de Zoé et faire une mini balade à dos d’éléphant. Je sais, c’est mal. Mais l’expérience, rien que pour l’endroit où nous avons atterri et où nous avons pour la première fois risqué notre vie, en a valu le détour. Atterries dans un hangar au pied du fort, au sein d’un village très pauvre, imaginez le malaise et l’attraction que nous représentions à déambuler dans les rues à dos d’éléphant, au milieu de ruines et décombres. Littéralement, il s’agissait bien de bâtiments en ruines : pauvreté quant tu nous tiens…il semblerait que tu ne nous lâches plus. Mais enfin, Zoé était contente, et on a négocié le retour en bas du fort pour finalement le visiter. Les chauffeurs étaient bien contents de parader devant tout le village (avec détour oblige, sinon c’est pas drôle). Cheers !
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Jantar Mantar – une seule photo suffira
Bon sinon, leurs bâtiments sont vraiment foutus bizarrement : difficile d’accès, les points d’intérêts; bien cachés, les bâtiments historiques ! On a ainsi mis du temps à trouver le site de Jantar Mantar, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Allez franchement savoir pourquoi …il s’agit là d’un observatoire construit il y a fort bien longtemps pour observer les étoiles et développer sa science solaire. Je ne vous raconte pas notre dégaine, avec les audio guides pour nous donner bonne conscience et tenter de comprendre ce que nous avons délaissé dès le début de nos années lycée : l’astronomie et la physique, trop peu pour nous ! Même avec les explications, rien compris ! On en retiendra juste deux-trois bâtiments par-ci par-là, et on en oubliera nos lacunes.
Le symbole de Jaipur reste toutefois la façade du Hawa Mahal (j’avoue j’ai googlé le nom). À notre grande surprise, bien peu mise en valeur : visible de préférence le matin, mais avec très peu de recul, et donnant sur la rue directement. Moi qui m’imaginais une grande esplanade au devant faisant honneur aux piétons, me voilà bien lésée avec tous ces klaxons bruyants ! On a donc tenté la photo sans parasite mais bien en peine.


Premier Chai !
Sinon, mon premier test du Chai indien sera mitigé : un peu trop épicé, pas assez sucré. Je prendrai ce thé au lait plusieurs fois avant de l’apprécier. Avec 90% de sucre, tu m’étonnes qu’ils arborent un beau bedon, les habitants ! D’ailleurs, je prendrai tous les risques les premiers jours en tentant la Street Food. Bien gras, bien huileux, mais a priori pas de mauvaises bactéries ingurgitées puisque j’en suis ressortie vivante. Avec les innombrables samosas, les nans à profusion, les plats en sauce et les féculents sans légumes, je nomme officiellement cuisine indienne la plus grasse et moins équilibrée de toutes celles testées jusqu’à présent. Mais savoureuse à souhait ! Avec les épices (à ne pas confondre avec le piment), les plats sont délicieux. Je m’en suis léchée les doigts (sans savon) plus d’une fois.
Dernière attraction, le temples des singes. Que j’aurais pu renommer en temple de la saleté, ou temple des chèvres, ou temple des pierres, temple des mouches, temple des vaches… En fait, une petite colline qui donne un beau point de vue sur la ville, auquels plein d’habitants de la ferme viennent se mêler. Un paysage apocalyptique cela dit, avec parfois le sentiment d’impuissance face à la misère omniprésente. En Inde, tu te bats contre toi même et tous tes préjugés. Tu revois tes standards et prends conscience de la véritable misère. Pas celle que tu ressens le soir venu dans ta chambre après une journée de boulot harassante, non. La vraie, l’ultime, celle que tu lis dans les yeux de centaines d’enfants du village qui te dévisagent. Et après un sourire, le partage.

Certains dominent la ville …
En bref
Jaipur m’a directement plongée dans le bain. Aujourd’hui encore, je ne sais pas si j’ai adoré ou détesté. Les photos donnent un aperçu visuel, mais font l’impasse sur l’environnement. Chaque cliché que l’on réussit à capturer se fait au prix d’un effort sans nom : pour ne pas se faire voir, pour ne pas se faire piquer son matériel, pour tout simplement ne pas attirer l’attention. Vigilance constante, ai-je dit dans mon article précédent.
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En photos (beaucoup trop)
1. Premiers aperçus


L’heure des premières négociations est bien vite arrivée

Bienvenue en Inde et ses charmeurs de serpent

Bienvenue en Inde, également pays du n’importe quoi

Et d’une 2ème porte

La définition même du bordel sans la bande son (oui, le petit truc au loin est Hawa Mahal)

Pour les curieux qui ont le souci du détail

Et les friands de lumières nocturnes

Hey coucou ! Fausse légèreté au beau milieu d’une misère sans nom

Les rues traversées pendant notre balade incongrue …bouleversant.

On a fait local – tentative de photo mode discretos
2. Dans les allées du City Palace

Les dômes

Du rouge – ça commence

Carton et papier mâché – Zoé héroïne du prochain Disney

Surveillance indienne

Cache-cache, début d’une longue partie

En Inde, les serpents sont représentés partout (par contre, j’en ai oublié la signification, pardon pardon)

Autre mur en papier mâché

Vue depuis le dôme. Au loin, derrière la colline et invisible, le fort d’Amber.

Allez salut !
3. Le Fort d’Amber – chef d’oeuvre architectural







Une idée de la décoration intérieure …

De quoi se perdre dans les multiples recoins
4. Le temples des singes – on prend de la hauteur


Croisés, sur le chemin : une femme et sa vache

Une chèvre qui joue à cache cache

Beaucoup, beaucoup de couleurs

Des paysages inattendus en bord de ville

Un temple qui se mérite et surplombe Jaipur

Et nous !! (en plus des singes bien sûr).
Encore une fois difficile de faire le tri …!
See you in Pushkar.