A la frontière de la Thaïlande, Preah Vihear

IMG_3812Petite rétrospective : Preah Vihear, Beng Malea et Koh Ker, c’était avant Kep et Kampot, et peu importe. À force de visites et de longues journées sous le cagnard, l’histoire des temples commence à rentrer dans mon cerveau fatigué : je vais finir par devenir érudite ! Une excursion de 12h avec Stéphane me permettra de compléter les temples qu’ils me manquaient jusqu’alors. Impossible d’habiter au Cambodge et de faire l’impasse sur ces immanquables, dont bien des touristes n’ont pas connaissance ou bien le temps leur impose un choix tiraillant.

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L’entrée du temple

Preah Vihear, c’est le temple de la discorde entre la Thaïlande et le Cambodge. Deux pays de part et d’autre de ce lieu convoité, où la frontière entre conflits et apaisement est, aujourd’hui encore, bien loin d’être établie. Les enjeux géopolitiques et militaires y sont nombreux, la revendication permanente et les tensions latentes. Situé au Nord du Cambodge, ce temple majestueux tient de sa superbe son architecture, et attise les convoitises depuis son établissement sur une haute colline, devenu point de contrôle stratégique. Tantôt sous autorité thaïlandaise, puis sous la tutelle du Cambodge, Preah Vihear appartient officiellement au Cambodge depuis 2003 -il me semble-, lorsque l’UNESCO a officiellement mis fin au conflit en décrétant le site patrimoine mondial sous le drapeau Cambodgien.
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Officieusement, on constate toujours une amertume thaïlandaise avec des postes de contrôle qui se sont fortifiés et une méfiance constante vis à vis touristes venus le visiter. Les militaires cambodgiens ne nous feront pas de cadeau : pas de photo lors de la montée, sous peine d’être pris pour des espions de l’ennemi juré. Fort bien, je ne leur donnerai pas de raison de nous arrêter.
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Campagne, campagne ...avant la montagne

Campagne, campagne …avant la montagne

La montée est impressionnante. Après plus de 3h de route depuis Siem Reap et une bonne grosse fatigue contante qui nous suivra toute la journée, Stéphane et moi nous accrochons durs comme fer aux sièges du 4×4 lorsque celui-ci entame une pente avec un angle d’attaque à mon humble avis pas très conforme aux normes. Peut être 40/45%, nous obligeant à adopter les 4 roues mobiles et à ne surtout pas regarder en arrière. Au passage, nous croisons des familles vivant ici, ce qui nous paraît clairement impossible. Mais si. Un besoin d’eau ? À toi de redescendre et de te rendre au village le plus proche, que je cherche encore aujourd’hui. Meme depuis le sommet, il m’est invisible. Sous une chaleur de plomb, nous visitons un site aux allures de vestiges abandonnés : au milieu des terres asséchées, les ruines de Preah Vihear règnent définitivement sur les plaines alentours.
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La vue est saisissante, et nous croisons des pèlerins venus faire des offrandes au sommet après leur rude montée. Au détour des fondations, les murs sont détruits, les galeries en restauration, mais nous imaginons facilement les habitants qui s’y rendaient jadis. Tout est sec et jauni, et me paraît presque triste. Il faut dire que depuis mon arrivée en Octobre dernier, le choc est immense : chaque mois, les paysages changent. La saison sèche se termine, et la pluie manque. Résultat, Stéphane aura visité les temples sous un angle complètement différent. Même Angkor Wat et Ta Prohm m’ont paru étrangers lorsque je me suis enchantée de les lui montrer. Je me suis retrouvée démunie face au Baray complètement asséché alors que quelques mois auparavant, je le voyais regorger d’eau, de poissons, et d’enfants pleine d’insouciance. La loi de Murphy, encore et toujours : mais tu sais, si tu étais venu avant, c’aurait été different …et tout vert ! Même Siem Reap s’était parée d’un autre visage. Poussière et pollution que je ne lui connaissais jusqu’à présent. Aujourd’hui, à l’heure où j’écris et où les premiers fortes pluies ont enfin fait leur apparition, tout est redevenu vert en un éclair. En un mois à peine, j’ai retrouvé mes paysages préférés, les rizières pleines de promesses et les sols féconds. Exit la pollution, bonjour les visions bucoliques et les récoltes prochaines.
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Chers amis, si certains d’entre vous sont toujours excités à l’idée de me suivre dans mes rocambolesques envies d’Indiana Jones, vous saurez maintenant que Mars, Avril et Mai sont à éviter : verdure et humidité valent bien mieux que chaleur et terres asséchées.
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Preah Vihear en photos

 

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Mister King régnant sur son nouveau royaume

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Le dos trempé, l’effort est notable et le réconfort mérité ! 🙂

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