Mille et une Bagan

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…si ce n’est deux mille. Rendez vous dans le plus beau des royaumes, où trois petites villes au cœur du pays jonchent l’indomptable fleuve Irrawady. Celui-ci a beau régulièrement sortir de son lit, il n’a fort heureusement point entaché la préservation historique de ce que constituent les trésors de Bagan.


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Nous mesurons la chance inouïe que nous avons, encore une fois, de se donner rendez-vous en terre (presque) inconnue et où les retrouvailles promettent de s’écrire dans un lieu d’exception. Un énième rêve sur le point de s’accomplir, la où le temps semble s’être arrêté il y a de ça mille ans. À l’orée d’un assouplissement géopolitique et d’une nouvelle conscience gouvernementale, la Birmanie nous ouvre ses portes, fière de son patrimoine historique et de ses richesses culturelles. Le plongeon dans un pays vierge de tout développement touristique, – et authentique jusque dans le cœur des villes -nous donne ce fabuleux statut de privilégiées. Statut qui, j’en suis convaincue, trouvera son sens d’ici 15 ans lorsque l’afflux de curieux sera bien plus conséquent. Comment en effet passer à côté de terres si belles et si sauvages ? Le moment opportun, c’est maintenant, avant la prise de conscience générale et la ruée vers ce nouvel Angkor.
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img_4974La magie opère dès les abords du Royaume de Bagan, où je devine depuis la fenêtre de mon bus bringuebalant l’ombre de certains temples au gré d’un soleil prometteur. En toute fin d’après-midi, la lumière est royale et caresse de ses rayons la couleur chaude de la pierre. Ça devient une habitude maintenant : timing parfait, alors que Zoé pointe le bout de son nez seulement 10 minutes après mon arrivée. Nous venons pourtant de deux villes différentes aux antipodes l’une de l’autre : elle Yangoon, moi Mandalay..!
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Bienvenue à l’auberge, ambiance camping et sable chaud !

Mmmmmh j’adore !!!
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La petite ville est située juste à côté de certains temples et nous en devinons parfois leur présence. Ça donne envie ! Nous nous sommes senties reines à nous approprier chacune des œuvres architecturales sur lesquelles nous grimpions, à prétendre que telle journée, nous aurions notre préférée et ainsi de suite jusqu’à s’en lasser (jamais, en fait).
La découverte est entière, et la stupéfaction totale : tant est la liberté de circuler intacte et le domaine immense que nous hésitons…et y allons à tâtons. À l’instar d’Angkor, les biens braves tenteront de tâter le terrain en marchant, jusqu’à ce que la location d’un véhicule s’impose naturellement : les rois avaient vu les choses en grand ! Petite victoire notable du lieu : la démocratisation du vélo électrique avant même d’avoir pu constater un quelconque âge d’or du scooter. La nature prime sur le développement touristique, et l’intelligence humaine se fait savoir : joli combo.birmanie-2016-002

Partantes pour l’aventure

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Plus écologiques et surtout plus silencieux, c’est donc dans une quiétude inespérée que nous sillonnons les chemins caillouteux. Les couleurs sont indéfinissables et l’atmosphère indescriptible : c’est, à mes yeux, la perfection incarnée d’un lieu simplement majestueux. Une campagne encore sauvage et un musée à ciel ouvert où nous sommes maîtres de notre chemin, que nous construisons à l’envi ou à l’instinct. Même sentiment pour Zoé, les moments sont indélébiles. Inutile de préciser que je me projette encore une fois bien installée, en pleine nature, sur le moyen terme  😉
En même temps, quand tu débarques et que tu te prends ça dans la figure, pas très étonnant ...

En même temps, quand tu débarques et que tu te prends ça dans la figure, pas très étonnant …

Vision d’autant plus alléchante que les dizaines de temples, de pagodes et de stupas défilent au fur et à mesure de notre avancée. Les arbres sont omniprésents et habitent des oiseaux chanteurs pour notre plus grand bonheur. En deux jours et grâce aux activités de notre superbe auberge, on profitera de deux couchers de soleil, tandis que je tenterai seule un lever matinal à 4h pour admirer le site à ses prémices. Zoé restera allongée et profitera d’une grasse matinée, le temps de retrouver une petite forme due à un gros manque d’énergie. Heureusement ce ne sera que passager.
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.Allez viens, je t’emmène au vent

La rideuse donne le ton

La rideuse donne le ton

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Lumières sur Bagan

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img_4604-1L’aube du soleil levant sera partagée avec les autres aventuriers du jour. En file indienne avec nos vélos, on suit notre jeune guide avisé qui nous emmène au travers d’un champ privé. En ligne de mire, un temple dont nous sommes aujourd’hui les envahisseurs. Vue inédite sur le fleuve et la colline. Petit à petit, la lune s’éclipse et les lumières du jour apparaissent. Les silhouettes se dessinent, la brume se dissipe, l’ambiance devient quelque peu magique. Les heureux présents sont silencieux et nous vivons tous cet instant pleinement ! C’est d’ailleurs avec d’autres voyageurs solo du groupe tout aussi curieux et enjoués, que nous passerons la matinée à fouiller Bagan, insatiables . De 4 à 9h du matin, nous serons rois ! Pas un chat, pas un chinois. Rien. Nada. De l’émerveillement et notre propres fous-rires en guise d’écho pour briser le silence. Quelques poses photos, de quoi immortaliser l’instant et ce joli melting-pot improvisé : une Hawaïenne, un Allemand, une Malaysienne et une Française. Quatuor inattendu mais bienheureux !

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L’apogée se fera au sommet – logique imparable : instant contemplation sur le toit d’un temple en forme de cloche, où nous réussissons à nous allonger en position transat, les pieds dans le vide et la tête dans les nuages (disparus eux aussi). On y restera une bonne heure, avant d’écouter notre estomac crier famine : après plus de 5h passées sous une forte chaleur, il est l’heure de poursuivre les conversations autour d’un bon petit déjeuner que nous aurons bien mérité ! Au retour, Zoé dort encore…moi qui pensais être une amie indigne en la faisant patienter, c’est finalement moi qui l’attendrais deux heures de plus avant que la belle au bois dormant émerge. Pas de pression, c’est les vacances, et bien qu’elle n’en ait pas conscience, j’entame une deuxième journée …que j’espère chill et cosy, à l’ombre en terrasse, avec bouquin et lunettes de soleil pour espionner les passants. Rien de plus !
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Le soir venu, on prend le scoot’ direction le délicieux restaurant repéré dans la journée pour s’offrir un succulent dîner, frais et concocté maison, où guacamole et gaspacho feront sérieusement concurrence au traditionnel fried rice et curry dont on ne veut plus entendre parler.

Panoramas


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(petite, toute petite battle)
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Au final, Bagan a déjoué les traditionnelles statistiques pluvieuses et nous a offert un grand ciel bleu trois jours durant. Une chaleur écrasante dont il a fallu se méfier pour Zoé, mais qui m’a permis d’attraper quelques couleurs…et de jolis clichés. Le matin de notre départ, des trombes d’eau s’abattent sur le site. Ma bonne étoile me suit et emmène le soleil avec nous, semble t-il. En matière de chance, c’est à croire que je ne serai jamais en reste : j’apprends par hasard que l’entrée du parc était supposée coûter 25 dollars, qui ont effectivement été taxées à Zoé et tous les autres touristes …alors que je n’en aurai jamais vu la couleur. Où, quand, et comment ? Aucune idée. Ni arrêtée ni réprimée par la police, qui a pourtant habitude de sanctionner les entorses aux règles. Chanceuse, vous aviez dit ?
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 Bagan, et toujours plus

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Un trésor de petite fille

Un trésor de petite fille avec de jolis pieds d’asiatque 🙂

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Coucher de soleil assez mémorable
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Et bien sûr la plus belle – ben oui, ça vaut bien un grand format
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