Le pourquoi du comment

Australiiie 300-001… je suis arrivée ici

Ma fille adorée, tu viens d’avoir 15 ans, il est temps que tu voles de tes propres ailes pendant quelques temps. Grande nouvelle : tu t’envoles cet été pour l’Australie, au beau milieu de nul part, pour apprendre à parler Anglais. Et en plus, tu n’auras pas de vacances d’été, parce que c’est l’hiver là-bas et que, évidemment, tu vas devoir étudier; hahaha !

Tels sont les mots vaguement employés par ma môman en 2008 pour me faire comprendre de l’importance de bien parler 1) La France; 2) L’Anglais – le tout pour mon futur métier. Alors que beaucoup me reprochent de trop voyager, c’est bien mes parents qui sont à l’origine de mon tempérament baroudeur en m’ayant envoyée à l’autre bout de la terre toute seule si jeune pour, dixit, « apprendre à parler Anglais ». Soit.

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On va essayer de la faire courte, même si je pourrais sans doute en écrire un roman : ces deux mois et demi passés en famille d’accueil en plein milieu des champs, près de Sale à 200km de Melbourne, ont sans aucun doute changé ma vie et ma vision des choses. Honnêtement, qui n’ai-je pas saoulé plus d’une fois à répéter que « de toute façon l’Australie c’est mieux », « je ne vis que pour réitérer l’expérience et tous ces moments », ou encore « un jour, ce sera le retour ! » ?
Ah bon, vous vous êtes reconnus ? 🙂
Il m’aura certes fallu 6 ans pour tenir ma promesse, mais voilà que je vous écris enfin au même endroit où je me trouvais en Juin 2008, et pourtant rien n’a changé. Pas même la complicité qui s’était installée avec toute la famille.

Australiiie 265-003De sacrés souvenirs au quotidien, des fous-rires à n’en plus finir, des batailles d’oreillers, des journées d’excès culinaires, des malentendus linguistiques évidents, mais des progrès aussi … et des liens qui se sont tissés, à la maison comme au lycée. Porter l’uniforme du Catholic College de Sale aura sans doute été ma plus grande fierté -allez savoir pourquoi- tandis que je garderai de fortes amitiés avec les Français et les gens du lycée.
Allez avouez qu’on était chouki.

Ci-dessous, Kahlie, de 2 ans mon ainée – Août 2008

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… je compte y rester

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Bien entendu, cela n’a a priori rien à voir avec l’accueil magistral qui m’a été réservé lors de mon premier séjour en 2008. Ni même avec celui qui m’a été consacré aux tant désirées retrouvailles. Enfin un peu quand même, car les souvenirs fusent et les bonnes habitudes sont très vite revenues. Faire partie intégrante de la famille Toma, ça n’a décidément pas de prix. Revoir les amis, retrouver le chemin de l’école, ses repères, et reconnaître d’anciens professeurs non plus.

S’offre maintenant à moi un nouveau défi, et de nouvelles questions en suspens : quelle sera la suite de l’aventure après ce deuxième séjour. Que faire après mon semestre passé à Brisbane. Ai-je définitivement envie de débuter ma vie professionnelle à l’étranger comme je l’ai toujours dit, et d’autant plus en Australie. Vais-je prendre le risque de tout quitter, encore une fois, pour finalement m’installer hors de France. La 3ème sera peut-être la bonne.

La France et son mode de vie m’attristent quelque peu. J’aime ses traditions, j’aime ses monuments, ses villes et ses campagnes. J’aime ses spécificités mais ce sont aussi ces dernières qui parfois m’exaspèrent. La façon dont on imagine un travail bien fait par du présentéisme. La façon dont on évince les jeunes qui manquent d’expérience. Mais aussi cette manie de décourager ceux qui souhaitent prendre des risques. Cette manie de ne pas vouloir faire bouger les choses même si l’on va droit dans le mur. Cette manie de nous répéter qu’in fine, la crise économique finira par nous saper.

A tenir un discours généralement si positif lors de mes retours, je me demande ce que je fais encore à Paris. Finir mes études, d’accord. Mais enfin, je sais maintenant que quelques mois suffisent à tout remettre en cause, surtout lorsqu’un petit temps est nécessaire à la réadaptation. Ben oui, difficile d’oublier tous ces moments d’abrutissement !

IMG_2039-001Heureusement ou non, je me laisse encore un petit temps de réflexion avant de venir à bout de toutes ces questions.
…tant que j’ai l’occasion de savourer chaque moment, en attendant !

Welcome back in Sale, Australia.

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